PARIS, 18 sept (Le Bulletin) — Le ministère de l’Économie a cessé d’attendre un calendrier. Il a commandé une intervention. Selon des informations obtenues par Le Bulletin Officiel, un marché public simplifié a été notifié à Monsieur Diba, un marabout de la Goutte-d’Or, objet : « neutralisation préventive du risque de bascule ». En clair, il s'agit ni plus ni moins de marabouter la dette.

Prestation : bougie, verre d’eau, lecture d’un avis d’échéance de la DGFiP, et «travail sur la signature de l’État». Le devis tient en une page. Moins cher qu’une mission McKinsey.

Un conseiller de Bercy a indiqué que l’État « n’avait plus le luxe de l’orthodoxie méthodologique ». Monsieur Diba a simplement demandé un acompte, nécessaire pour se mettre au travail.

Joint dans sa boutique sans enseigne, le marabout a confirmé la mission. « Ils sont venus avec le papier à en-tête et le montant. Je ne pourrai pas faire de miracle car je ne vous cache pas que le montant est élevé. Rendez-vous compte, 3500 milliards. Pas des Francs CFA, des euros! Je vais devoir procéder en plusieurs morceaux. C'est un très gros travail.»

David Amiel, le ministre du budget, conclut : "Monsieur Diba ne fera pas de miracle. Mais s'il peut marabouter ne serait-ce que 20% de la dette, nous serons déjà contents. Par prudence nous n'avons pas mis tous nos oeufs dans le même panier. Un chamane est au travail en parallèle".