Le premier Français retenu par l’État au titre de l’aide à mourir a fait savoir, mercredi, qu’il « n’avait plus envie de mourir». L’annonce par l’Élysée que le chef de l’État viendrait « procéder lui-même au geste » lui a, selon son entourage, « redonné goût à la vie ».
Jean-Pierre M., 67 ans, figurant en tête du tableau d’éligibilité publié au Journal officiel, avait déposé son dossier en juin. « Je me sentais un peu de trop dans la société, je ne voulais plus être un poids pour mes proches», a-t-il déclaré. « Et puis on m’a dit que le Président ferait le déplacement. Cela m'a requinqué. J’ai repris des forces. J'ai recommencé à regarder la télé, et ça m'a redonné goût à la vie. »
Le service de l’Élysée chargé des « rendez-vous citoyens » a indiqué que la visite terminale était « maintenue, par respect pour la parole donnée ». Un conseiller a précisé, sous couvert d’anonymat, que le chef de l’État s’était « personnellement investi dans le protocole » et qu’un communiqué était « déjà calé ».
La Haute Autorité de santé a rappelé que le consentement devait être « libre et réitéré ». Interrogée sur un report, la préfecture a répondu qu’« une absence le jour J serait constatée » et que « le créneau présidentiel n’était pas rechargeable ».
Joint en fin de journée, Jean-Pierre M. a demandé que son nom soit retiré de la liste, « sauf si ça annule la venue ». L’Élysée n’excluait pas, jeudi soir, de transformer le rendez-vous en « moment d’écoute ». Le dossier, lui, reste ouvert.